Le lieu de couchage de votre chien est important pour lui. Or, beaucoup d’idées fausses courent encore sur les recommandations concernant cet endroit. Loin ou près des maîtres, dans un lieu isolé ou au milieu des zones fréquentés par la famille, quelle est la bonne place ? Et d’ailleurs, le chien doit-il avoir une seule place sacralisée ? Pendant longtemps il a été conseillé, à tort, d’éloigner le chien du couchage des humains. Des études récentes montrent que les chiens qui dorment « dans le passage » sont significativement moins agressifs que les autres. On vous dit tout ce qu’il faut faire !

Le chiot a besoin de compagnie pour dormir

Votre chiot appartient à un espèce dite « nidicole », ce qui signifie qu’à la naissance, il a besoin d’être réchauffé et protégé dans un nid douillet, au creux du ventre de sa mère. A la naissance, chaque chiot ne peut réguler sa température corporelle. C’est pourquoi toute la portée se blottit tout contre la maman-chien.

Vers l’âge de trois semaines, les petits commencent à voir et entendre tout ce qui se passe autour d’eux. Ils peuvent alors dormir entassés ou éparpillés près de leur mère. Ils ont plutôt tendance à se mettre en petits groupes les uns avec les autres pour dormir ensemble. Ils ont moins besoin d’être réchauffés mais ils apprécient le contact de leurs frères ou sœurs pour s’apaiser.

Lorsque vous adoptez votre chiot, souvent vers 2 ou 3 mois, la séparation d’avec sa fratrie représente un stress certain. La rupture du lien doit être compensée par une bienveillance particulière pour que votre petit chiot ne soit pas trop perturbé et ne sente pas abandonné. Il avait l’habitude de contacts permanents 24 heures sur 24 avec les autres chiots, et il aura envie de retrouver cette chaleur affective importante pour son développement. Dans l’idéal, il ne devrait donc pas dormir seul les premières nuits, mais proche d’un autre chien ou d’un humain de la famille. On peut alors le placer sur un lit, ou l’installer dans son panier à côté d’un lit, ou le mettre à sa place définitive (salon par exemple), et soi-même dormir à côté de lui, sur un canapé, les premiers temps. Certains chiots sont moins dérangés que d’autres et chaque chien est unique. Il n’y a donc pas de règle immuable pour tous les chiens.

A l’arrivée du chiot, le jour de l’adoption, il est intéressant de tester son tempérament en le laisser d’abord explorer librement la pièce dans laquelle on se trouve, puis lorsque le chiot flaire une zone aléatoire de la pièce, s’en aller discrètement en l’ignorant. Si le chiot se montre indifférent et continue d’explorer sans réaliser que les humains ont quitté le lieu, il est probable qu’il pourra dormir à l’écart des humains rapidement. En revanche, s’il repère très vite qu’il se retrouve tout seul, et se dirige vers la porte de sortie de l’humain ou gémit vers une issue, il est préférable de dormir près du chiot pendant quelques jours à quelques semaines pour éviter l’isolement brutal. Vous vous attacherez alors à lui apprendre la solitude avec prudence et progressivité.

Le chien a besoin d’apprécier son couchage

Dès que votre chiot est bien installé et intégré à votre famille, et qu’il connaît bien votre maison, il aura envie de vous retrouver pour s’amuser, jouer, se promener et aller voir ses copains-chiens. Et au moment de se coucher pour être tranquille et dormir, votre chien peut apprécier la proximité de ses humains de compagnie, ou préférer se mettre à l’écart pour être à l’aise sans être gêné. Il est essentiel de lui laisser ce choix afin de respecter son tempérament.

Certains aiment rester seuls, d’autres sont plus dépendants d’une présence amicale à leurs côtés. Parfois une cage spacieuse, grillagée et aérée contenant les jouets, les objets familiers, les friandises et des tissus habituels permet au chien de s’installer tranquillement dans sa « chambre » sans stress. Celle-ci peut rester ouverte en permanence ou être fermée à certaines occasions (invités ayant peur du chien, agitation et faible surveillance des enfants, nuit, chien laissé seul dans la maison, etc…). Il peut être utile aussi de pouvoir fermer cette cage au début, la nuit, ou quand le chiot est laissé seul, pour lui apprendre à devenir propre. Mais cette cage ne doit en aucun cas représenter une punition ou un isolement mal vécu par le chien. Si vous choisissez de lui offrir ce type de « niche », vous devez prendre soin de lui avoir appris à l’aimer et à y aller spontanément avec plaisir.

Au final, aucun lieu n’est plus important qu’un autre. Le couchage peut être partagé si chacun y trouve un apaisement et du plaisir. Obliger un chien à dormir à l’écart des humains dans un recoin au nom du vieux mythe de la hiérarchie est à l’origine de nombreuses morsures autour de ce lieu sacralisé. Il est préférable que le couchage soit apprécié du chien et corresponde à son tempérament.

Les hauteurs n’ont aucune valeur sociale. Les lieux de passage n’ont aucune valeur d’investissement territorial à protéger si vous avez pris soin de construire une relation bienveillante et amicale avec votre chien. Enfin, certains chiens souhaitent être tranquilles en vieillissant et ne pas être dérangés lorsqu’ils présentent de l’arthrose ou de la fatigue. Il faudra laisser le chien évoluer vers un lieu de couchage qui lui est plus favorable à sa santé au cours des années.

D’où viennent les morsures en relation avec le lieu de couchage ?

A tort, on a diffusé longtemps l’idée qu’un chien sur un canapé était un chien dominant, et qu’un chien qui circulait sans limite dans l’habitation prenait possession des lieux en voulant devenir chef de la meute (incluant la famille). Il existe un consensus scientifique aujourd’hui pour affirmer que lorsqu’un chien mord son maître à l’occasion d’une caresse sur le canapé, ce n’est pas le canapé qui est en cause mais la mauvaise qualité du lien entre le maître et son chien. Ce même chien aurait autant mordu dans un panier, à situation analogue.

Souvent c’est la communication entre l’humain et le chien qui est problématique. Lorsqu’un chien grogne ou mord une personne qui vient le toucher ou le pousser, c’est qu’il n’a pas confiance, qu’il a peur ou qu’il n’apprécie pas suffisamment cet humain qui s’approche de lui à ce moment-là.

En général, l’analyse du quotidien et des interactions révèle une relation trop basée sur des obligations d’obéissance, de droits, de limites, et de devoirs, et trop peu basée sur les notions de plaisir partagé, d’épanouissement et de complicité. Le lieu de couchage en lui-même n’est aucunement en cause dans le déclenchement de l’agression. L’amélioration de l’amitié entre l’humain et son chien permettent de diminuer l’incidence des conflits.

Comment apprendre amicalement à un chien son lieu de couchage ?

L’apprentissage du lieu de couchage doit suivre la même méthode que tout apprentissage, il doit être amical et participer à la construction d’une bonne relation. Si le maître sait établir par ce biais un capital confiance, ce lieu n’aura aucune raison d’être revendiqué et défendu.

Quelques règles utiles pour que maître et chien se sentent à l’aise ensemble :

  • Etre constant et cohérent dans les autorisations et interdictions
  • Les lieux autorisés et recommandés doivent être appris positivement. Le chien autant que l’humain doivent y trouver leur compte.
  • Le lieu de couchage doit être appris exclusivement par renforcement positif afin que l’approche de l’humain près du couchage ne soit pas vécue comme une intrusion par un agresseur.
  • Apprendre au chiot le panier au moment où il est fatigué, après une longue promenade ou un jeu prolongé, afin de se mettre en situation de réussite
  • Se mettre à côté du panier et appeler le chien en s’accroupissant, ou en lui lançant un jouet dans le panier, et en prononçant un mot comme « panier » ou « couché »
  • Dès que le chien rentre dans le panier, continuer de prononcer le mot en caressant le chien et en le récompensant.
  • Ne pas exciter le chien, une fois dans le panier, avec un jeu.
  • Le caresser longuement dans le panier pour le détendre, voire l’endormir
  • Au début ne le caresser que dans ce lieu afin de l’inciter à y aller facilement sur ordre.
  • Bannir tout ordre autoritaire, avec un renvoi menaçant vers le panier ; l’humain risquerait d’être perçu comme un agresseur par le chien qui ne le laissera pas s’approcher du panier.

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