On vous a annoncé que votre chien est hyperactif. Est-ce grave ? Est-ce exact ? Que devez-vous faire ? Votre chien bouge beaucoup. Il est très joyeux, remuant, énergique, nerveux, agité, plein de vie et plein d’affection, il saute sur tout le monde, renverse les invités, fonce vers ses copains chiens brutalement, course les chats, détruit tout sur son passage, et ne s’arrête jamais.

Tous ces comportements qu’il faut absolument canaliser sont peut-être normaux et vous devez apprendre à bien les caractériser pour tenir compte des besoins de dépenses de votre chien afin d’appliquer une vraie méthode individualisée. Le chien mon ami vous en dit plus sur ce problème fréquent.

L’hyperactivité de votre chiot est structurelle

Chez le chiot, quel que soit l’environnement dans lequel il se développe, quelle que soit la taille de la fratrie et le type d’élevage, on constate que certains individus sont plus actifs que d’autres. Certains tentent des mouvements et gestuelles plus risquées que d’autres dans un but d’exploration du milieu. Dès l’âge d’un mois, un bon éleveur distingue facilement les jeunes intrépides des plus timides. Certains vocalisent davantage que d’autres et supportent plus ou moins le confinement ou la restriction spatiale. A l’instar des enfants, dans une même famille, certains se montrent calmes, timides et réservés, alors que d’autres se montrent plus hardis, confiants et explorateurs.

Contrairement à ce que l’on peut lire parfois, il n’a jamais été démontré la moindre responsabilité de la mère-chien dans ces observations. La chienne est parfois qualifiée d’indolente, d’incompétente pour élever ses chiots, soit parce qu’elle est trop jeune, ou trop vieille, ou trop laxiste, ou que la portée est trop nombreuse. Ces affirmations ne sont étayées par aucune étude sérieuse. Il ne s’agit, aucunement d’un trouble du développement.

En revanche, Scott et Fuller avaient déjà montré qu’il existe un caractère racial à certains des comportements des chiots. On entend souvent dire par exemple que les Jack Russel sont hyperactifs, que les bergers australiens sont aboyeurs et nerveux, etc. Les études démontrent que les tests de tempérament s’avèrent utiles pour évaluer la capacité d’un chiot à effectuer une tâche précise dans le futur mais se montrent peu précis pour déterminer la valeur prédictive de comportements émotionnels et moteurs chez le chiot.

Pourtant une recherche canadienne (Godbout 2011) a montré que 10% des chiots testés en clinique vétérinaire entre 8 et 16 semaines se montrent plus anxieux et agités que la moyenne, et une étude prospective a montré que le niveau d’anxiété de ces chiots « extrêmes » persistait à l’âge adulte. Il s’agit d’un tempérament « hypermoteur » ou « anxieux » dont l’héritabilité n’est pas déterminée. Une autre étude du même auteur (Godbout 2010) a montré que les chiots présentant des comportements de mordillements excessifs ne présentent pas de risque accru de présenter une agressivité importante à l’âge adulte.

L’hyperactivité motrice des chiots ne serait donc pas due à un problème lié aux conditions de développement incriminant les capacités de la chienne ou son isolement des chiots par l’éleveur, mais plus probablement due à un trait génétique, donc structurel. Un tel tempérament est faiblement modifiable. Vous devez le repérer le plus précocement possible afin d’adapter votre mode de vie aux besoins particulier du chien.

Un diagnostic d’hyperactivité peut cacher un environnement inadapté

Si 10% des chiots se montrent « excessifs », un pourcentage plus important fait l’objet d’un diagnostic d’hyperactivité. Vous êtes nombreux à penser que votre chien est hyperactif. Les chiens sont souvent taxés d’être nerveux, destructeur, désobéissant, têtu, etc. Ces étiquettes sont toujours le fruit d’un jugement humain qui condamne le chien classé « caractériel ». Le point de vue du chien est rarement pris en considération. Vous êtes tentés bien souvent de comparer le chien actuel qualifié d’hyperactif au chien précédent plus facile à manager. Or tous les chiens n’ont pas les mêmes besoins. Et la comparaison s’effectue bien souvent entre ce nouveau chien jeune et l’ancien déjà âgé sur la base des souvenirs des derniers moments passés avec le précédent. Le mode de vie et votre disponibilité est rarement identique à plusieurs années d’écart.

Un bilan du budget-temps dédié au chien révèle fréquemment un certain déficit de dépense physique et cérébrale du chien. Dans bon nombre de cas, il est maintenant bien établi que les sorties sont souvent insuffisantes ou trop pauvres, parfois uniquement en laisse, que peu de stimulations sont offertes à votre chien que vous avez tendance à retenir dès qu’il flaire une déjection sur le trottoir ou dès qu’il tire, attiré par une odeur.

Si les contraintes sont importantes au quotidien (le chien est laissé seul un grand nombre d’heures en journée), si les rencontres libres avec des copains chiens est rare, si le chien est sorti toujours dans le même quartier, les frustrations s’accumulent avec une certaine désocialisation, et le chiot devient progressivement un jeune chien adolescent dont la puissance physique vous fait peur car il pourrait vous entraîner, vous faire tomber, ou aller se bagarrer avec un autre chien. Il devient rapidement trop brutal et potentiellement agressif avec ses congénères. Il est bridé et empêché en situation de rencontre avec les humains (vous l’enfermez en présence d’invités) car il saute et fait mal.

En grandissant, il devient ingérable et vous prenez des mesures matérielles pour éviter des accidents, ce qui signifie que le chien est de moins en moins promené, de plus en plus isolé, ce qui augmente le problème de fond. Au final, l’ensemble des comportements indésirables ne sont pas imputables au seul tempérament actif, mais aussi à toutes les manœuvres éducatives restrictives et punitives qui génèrent du stress, de la peur, de la crispation, et du ressentiment. Ce dernier apprend à se rebeller au milieu de toutes les contraintes qui lui laissent peu de marge de manœuvre.

On constate que ces chiens, placés dans un autre environnement, plus libre, plus stimulant, où leur mental peut s’exprimer par des explorations importantes, où leurs capacités cognitives sont valorisées par des tâches intelligentes, où leur bien-être est assuré par des interactions sociales variées et agréables, ne présentent plus aucun comportement gênant. Ces observations sont étayées par des récits de vacances où le chien court toute la journée dans un espace large au milieu d’une famille plus nombreuse, plus stimulante et plus disponible.

Les diagnostics d’hyperactivité peuvent donc s’avérer abusifs et préjudiciables à une prise en charge efficace. Il est essentiel de bien caractériser les véritables besoins de votre chien, tant physiques que mentaux, de façon à éviter des étiquettes de maladies comportementales inexistantes qui empêchent une prise en charge efficace et agréable pour le chien.

Que faire devant une hypermotricité réelle ? Les solutions qui fonctionnent

Au cours des décennies passées, on a assisté à des techniques éducatives surtout coercitives, et basées sur le concept de hiérarchie. Il s’agissait, devant un chiot difficile, de mettre en place une insertion hiérarchique précoce afin d’éviter toute dérive agressive à la puberté. Les travaux scientifiques récents en éthologie dénoncent ces méthodes et montrent qu’elles sont non seulement inefficaces, mais surtout dangereuses. Le chiot doit être observé attentivement, tant dans ses comportements, que dans ses émotions et ses motivations. Un temps dédié à une abondante activité physique et mentale doit lui être proposée, loin de toute brimade et en adéquation avec sa race, ses origines, et son profil intrinsèque. La fréquentation d’écoles de chiots est indispensable à condition qu’il n’y soit pas enseigné d’obéissance, mais qu’il s’agisse exclusivement d’exploration et d’épanouissement, de rencontres sociales libres avec toutes les races et des âges différents, y incluant des adultes bien choisis. Un chiot très actif doit pouvoir bénéficier de 3 à 4 heures par jour d’activités physiques intensives, d’une heure d’exercices visant à concentrer son esprit sur un travail valorisant, et d’une heure de bain social libre. L’éducation amicale est obligatoire pour lui permettre de progresser. Des conditionnements au clicker sont très intéressants pour capter l’attention du chiot et lui apprendre à se concentrer sur une tâche. Il est essentiel aussi de prévoir des exercices de retour au calme récompensés et des exercices d’immobilité récompensés. Enfin, toute punition physique ou verbale est bannie, mais il faut tout de suite mettre en place des situations de contrariété. Par exemple, mettre le chiot au retour de la promenade dans un parc à chiot ou un espace clos avec barrière, et ignorer ses couinements jusqu’à ce qu’il renonce et qu’il se calme. Ne pas répondre aux demandes d’attention lui apprend à se résigner sans avoir à crier « non » de plus en plus fort ! Une approche positive est le garant d’une harmonie entre le maître et le chien. N’hésitez-pas à contacter un professionnel référencé « Le chien mon ami » sur notre réseau afin de lui parler des problèmes que vous rencontrez. Il saura vous écouter et vous orienter vers les meilleures solutions.

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