Où faire dormir mon chien ?

Chien endormi, couché sur le côté, dans l'herbe, au soleil.

Le lieu de couchage du chien est important pour son bien-être et son comportement. Que ce soit un chiot ou un chien adulte, trouver le bon endroit où faire dormir son chien est essentiel pour qu’il se sente en sécurité et apaisé. Pourtant, de nombreuses idées reçues circulent encore sur ce sujet. On vous dit tout ce qu’il faut faire !

Le couchage du chien : quelle est la bonne place ?

Proche de vous, au milieu des zones fréquentées par la famille ou dans un lieu isolé ? Quelle est la bonne place pour installer le panier de votre chien ou son coussin ? D’ailleurs, doit-il avoir une seule place sacralisée ? Pendant longtemps il a été conseillé, à tort, d’éloigner le chien et de ne pas le laisser dormir dans la chambre ou sur le lit. Or, des études récentes montrent que les chiens qui dorment « dans le passage » sont souvent moins agressifs, ce qui contredit l’idée que le chien doit dormir à l’écart des humains.

Le couchage du chiot : besoin de sécurité et de compagnie

Chaleur et contact indispensable pour dormir

Votre chiot appartient à une espèce dite « nidicole », ce qui signifie qu’à la naissance, il a besoin d’être réchauffé et protégé dans un nid douillet, au creux du ventre de sa mère. A la naissance, le chiot ne peut pas réguler sa température corporelle. C’est pourquoi toute la portée se blottit tout contre la maman-chien pour dormir.

Chiot couché près de sa mère.

Evolution du couchage du chiot durant ses premières semaines

Vers l’âge de trois semaines, les chiots commencent à voir et entendre tout ce qui se passe autour d’eux. Ils peuvent alors dormir entassés ou éparpillés près de leur mère. Ils ont plutôt tendance à se mettre en petits groupes les uns avec les autres pour dormir ensemble. Ils ont moins besoin d’être réchauffés mais ils apprécient le contact de leurs frères ou sœurs pour s’apaiser. Ces comportements naturels expliquent pourquoi le couchage du chiot doit rester un lieu rassurant et familier, favorisant un sommeil calme et sécurisé.

Les premières nuits du chiot chez vous

Lorsque vous adoptez votre chiot, souvent vers 2 ou 3 mois, la séparation d’avec sa fratrie représente un stress certain. La rupture du lien doit être compensée par une attention particulière pour que votre petit chiot ne soit pas trop perturbé et ne sente pas abandonné. Habitué à des contacts permanents avec ses frères et sœurs, le chiot cherchera naturellement à retrouver cette chaleur affective, essentielle à son développement.

Dans l’idéal, il ne devrait pas dormir seul les premières nuits, mais proche d’un autre chien ou d’un membre de la famille. On peut ainsi le placer sur un lit, dans son panier à côté d’un lit ou l’installer à sa place définitive (dans le salon, par exemple), et tout en dormant soi-même à côté de lui les premiers temps. Certains chiots sont moins dérangés que d’autres et chaque chien est unique. Il n’y a donc pas de règle immuable pour tous les chiens.

Observer le tempérament du chiot pour adapter le couchage

A son arrivée, il est intéressant de tester le tempérament de votre chiot. Laissez-le explorer librement la pièce dans laquelle vous vous trouvez, puis lorsque le chiot flaire une zone aléatoire de la pièce, quittez-la discrètement. Si le chiot se montre indifférent et continue d’explorer sans remarquer votre absence, il est probable qu’il pourra dormir à l’écart des humains rapidement. En revanche, s’il repère très vite qu’il se retrouve tout seul, s’il gémit ou cherche à vous suivre, il est préférable de dormir près de lui pendant quelques jours à quelques semaines afin d’éviter un isolement brutal. Vous pourrez ensuite lui apprendre la solitude avec prudence et progressivité, selon les principes d’une éducation canine bienveillante.

Couchage du chien : respecter ses préférences

Dès que votre chiot est bien installé, intégré à votre famille et qu’il connaît bien votre maison, il aura envie de vous retrouver pour s’amuser, jouer, se promener et aller voir ses congénères. Et au moment de se coucher pour être tranquille et dormir, votre chien peut apprécier la proximité de ses humains de compagnie ou préférer se mettre à l’écart pour être à l’aise sans être dérangé. Il est essentiel de lui laisser ce choix afin de respecter son tempérament.

Créer un espace de repos sécurisant pour le chien

Certains chiens aiment rester seuls, d’autres recherchent une présence amicale à leurs côtés. Parfois, une niche ou une cage spacieuse, aérée et garnie de ses jouets, objets familiers, friandises et tissus habituels permet au chien de s’installer tranquillement pour se reposer. Celle-ci peut rester ouverte en permanence ou être fermée à certaines occasions (invités ayant peur du chien, agitation et faible surveillance des enfants, nuit, chien laissé seul dans la maison, etc…).

Il peut être utile, au début, de fermer cette cage (Kennel, cage d’intérieur, cage de transport). La nuit ou quand le chiot est laissé seul, pour lui apprendre à devenir propre. Mais cette cage ne doit en aucun cas représenter une punition ou un isolement forcé, mal vécu par le chien. Si vous choisissez de lui offrir ce type de niche, prenez soin de lui apprendre à l’aimer et à y aller spontanément avec plaisir.

Un chien dormant dans une cage, porte ouverte, dans le salon.

Le couchage du chien, un lieu de bien-être partagé

Au final, aucun lieu n’est meilleur qu’un autre pour faire dormir votre chien. Le couchage peut être partagé si chacun y trouve apaisement et plaisir. Obliger un chien à dormir à l’écart des humains au nom du vieux mythe de la hiérarchie est à l’origine de nombreuses morsures liées à ce lieu sacralisé. Il est préférable que le couchage soit apprécié du chien et corresponde à son tempérament.

Adapter le couchage du chien selon son âge et sa santé

Les hauteurs n’ont aucune valeur sociale. Les lieux de passage n’ont aucune valeur d’investissement territorial à protéger si vous avez pris soin de construire une relation bienveillante et amicale avec votre chien. Enfin, certains chiens souhaitent être tranquilles en vieillissant et ne pas être dérangés lorsqu’ils présentent de l’arthrose ou de la fatigue. Il est donc important de faire évoluer le lieu de couchage du chien selon son âge, son confort et son état de santé.

D’où viennent les morsures en relation avec le lieu de couchage ?

Un chien dormant profondément sur un fauteuil.

Les fausses croyances autour du canapé et de la hiérarchie

On a longtemps diffusé, à tort, l’idée qu’un chien sur un canapé était un chien dominant et qu’un chien qui circulait sans limite dans l’habitation prenait possession des lieux en voulant devenir chef de la meute (incluant la famille). Il existe un consensus scientifique aujourd’hui pour affirmer que lorsqu’un chien mord son humain à l’occasion d’une caresse sur le canapé, ce n’est pas le canapé qui est en cause mais la mauvaise qualité du lien entre l’humain et son chien. Ce même chien aurait autant mordu dans un panier, à situation analogue.

Une question de communication et de confiance

Souvent, c’est la communication entre l’humain et le chien qui est problématique. Lorsqu’un chien grogne ou mord une personne qui vient le toucher ou le pousser, c’est qu’il n’a pas confiance, qu’il a peur ou qu’il n’apprécie pas suffisamment cet humain. Un chien qui dort sur le lit ou le canapé n’est donc pas dominant : il exprime simplement un besoin de sécurité ou de distance selon le contexte.

Un lien de qualité pour éviter les morsures liées au couchage

En général, l’analyse du quotidien et des interactions chien-humain révèle une relation trop fondées sur l’obéissance, les droits, les limites et les devoirs, et pas assez sur les notions de plaisir partagé, d’épanouissement et de complicité. Le lieu de couchage du chien en lui-même n’est aucunement en cause dans le déclenchement de l’agression. L’amélioration de la relation et de la communication entre l’humain et son chien permet de diminuer l’incidence des conflits.

Comment apprendre le lieu de couchage à son chien ?

L’apprentissage du lieu de couchage du chien doit suivre la même méthode que tout apprentissage en renforcement positif. Il doit être amical et participer à la construction d’une bonne relation. Si l’humain instaure un capital confiance, ce lieu de repos n’aura aucune raison d’être revendiqué et défendu par le chien.

Chien qui dort dans son panier.

Les règles d’or pour un apprentissage positif du panier

Voici quelques règles utiles pour qu’humain et chien se sentent à l’aise et que le panier devienne un lieu de repos apprécié :

  • Être constant et cohérent dans les autorisations et interdictions.
  • Faire découvrir les lieux autorisés et recommandés de manière positive, pour que le chien autant que l’humain y trouvent du plaisir.
  • Apprendre le couchage exclusivement par renforcement positif, afin que l’approche de l’humain près du panier ne soit jamais vécue comme une intrusion.
  • Proposer l’exercice au moment où le chiot est fatigué, après une promenade ou un jeu, pour favoriser la réussite.
  • S’accroupir près du panier, appeler le chien ou lui lancer un jouet à l’intérieur, tout en prononçant un mot repère comme « panier » ou « couché ».
  • Dès que le chien entre dans le panier, continuer de prononcer le mot, le caresser et le récompenser calmement.
  • Éviter de l’exciter par le jeu une fois dans le panier ; ce lieu doit rester associé au calme et à la détente.
  • Le caresser longuement dans son panier pour le détendre, voire l’endormir ; au début, ne le caresser que dans ce lieu afin de l’inciter à y aller spontanément.
  • Bannir tout ordre autoritaire ou renvoi menaçant vers le panier : l’humain risquerait alors d’être perçu comme un agresseur, et le chien défendrait son couchage.

En respectant ces quelques règles simples, le couchage du chien devient un repère de calme et de sécurité. Le panier, la niche, le coussin ou la cage n’est plus un lieu d’obéissance, mais un espace choisi et aimé, qui renforce la complicité entre le chien et son humain.

En résumé : où faire dormir son chien ?

Le meilleur endroit où faire dormir son chien est celui où il se sent bien. Qu’il dorme près de vous ou dans une autre pièce, l’essentiel est qu’il ait le choix, qu’il s’y sente en sécurité et qu’il y dorme paisiblement.

Le respect de son tempérament, l’attention portée à ses besoins et une relation fondée sur la confiance valent bien plus qu’une règle unique.

Un chien bien dans son panier, c’est avant tout un chien bien dans sa vie.